L'Algérie au hit-parade des logements

Source | 26/12/2011
L'Algérie au hit-parade des logements

Impossible de ne pas l'acter. Aucun pays au monde n'a connu, dans son histoire, l'événement que nous vivons chez nous. Il a fallu tout un stade pour que notre ministre de l'Habitat puisse réunir les 1200 familles, samedi dernier à Sétif, et présider la distribution de nouveaux logements à chacune d'elles.

Au cours de la cérémonie, le ministre a annoncé qu'au début de la nouvelle année qui s'annonce 2012, d'autres logements devront être servis toujours à Sétif. Ce n'est pas tout. Il a précisé que 80.000 autres nouveaux logements sont programmés encore et toujours à Sétif dans le quinquennal en cours. Les salles conventionnelles ne suffisent plus. Ce n'est plus par dizaines ni par centaines, mais par milliers que l'Etat distribue aux citoyens mal logés de nouveaux logements. Depuis une décennie, ce sont des programmes par millions d'unités qui sont lancés, construits puis distribués. A Bord Bou Arréridj où il était en visite d'inspection quelques jours avant celle de Sétif, Nourredine Moussa a rappelé que les citoyens de cette wilaya ont bénéficié de 67.000 logements neufs de 2005 à ce jour. Au risque «d'assommer» nos lecteurs avec des chiffres, nous y sommes obligés pour la bonne mesure de l'extraordinaire ampleur de l'événement dans notre pays. Ceux de Blida ont bénéficié cette année de 1500 logements. 4800 autres sont à venir dans le programme en cours. A Alger 60.000 logements ont été distribués de 2004 à 2011. La construction de 30.000 autres sera lancée dès le premier trimestre 2012. Toujours à Alger, la distribution de 900 logements commencera dans les tout prochains jours. A Béchar 650 logements seront distribués au début de la nouvelle année. 15.500 logements sont prévus pour la wilaya de Tizi Ouzou dont 9000 sont déjà lancés et 6500 autres ne tarderont pas à l'être une fois les études achevées. Annaba, Constantine, Oran,... aucune des 48 wilayas que compte le pays n'est en reste. Des chiffres à donner le tournis. Au total, ce sont 1200.000 logements qui seront livrés d'ici à 2014 d'un programme qui englobe la réalisation de 2450.000 logements. Pour que le processus ne s'arrête pas en 2014 mais se poursuive au-delà. Les logements livrables après 2014 sont déjà en phase d'étude. Avant cela et pour le programme antécédent (2004-2009) 1450.000 logements neufs ont été livrés à travers tout le pays. Arrêtons les chiffres et passons à «l'exposé des motifs». Le déficit en logements était abyssal à la fin des années 90. Dès le début des années 2000, l'appel aux Chinois, largement critiqué à l'époque, découlait en réalité d'une juste vision du défi que l'Etat voulait relever. Non seulement les entreprises chinoises ont été à la hauteur de leur réputation de grands constructeurs mais en plus, leurs prouesses ont créé une dynamique qui a permis de «tirer vers le haut» des entreprises nationales. En termes de savoir-faire, de gain de temps et de qualité. Si ce n'est encore le top, le processus est, bel et bien, en marche. Ce gigantesque chantier a produit, cependant, des revers dont l'impatience des citoyens qui attendent d'être servis. Une impatience qui ne s'explique que par l'inquiétude persistante dans l'imaginaire collectif sur la pérennité d'un programme politique ambitieux qui n'a son pareil nulle part ailleurs dans le monde. C'est d'ailleurs l'une des raisons qui fait que les Algériens ne sont pas prêts à se laisser embarquer dans une quelconque aventure de désordres appelée hypocritement «printemps». En Algérie c'est «l'été» en plein hiver. C'est le temps des «moissons» des logements. Les classements qui nous parviennent de l'international nous placent parmi les pays les plus sales, les plus corrompus et les plus méchants. En matière de logements, nous sommes les premiers au monde et personne pour le dire. Il était donc juste de l'acter!

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