Les professionnels s’organisent à Béjaïa

1er Salon du promoteur immobilier

Source | 20/12/2011
Les professionnels s’organisent à Béjaïa

Les promoteurs immobiliers de la wilaya de Béjaïa s’organisent. L’association qu’ils viennent de mettre sur pied a organisé, du 17 au 19 décembre au cours, le 1er salon du promoteur immobilier de Béjaïa, au niveau de la Maison de la Culture.

De nombreuses maquettes et vues d’ensemble de projets finis ou en cours de réalisation dans la région sont exposées au public dans les stands aménagés dans le hall du bâtiment. A priori, les nouvelles constructions prêtent l’idée à une évolution qualitative du cadre bâti. Le salon comporte un volet commercial. Pour certains projets présentés, des opérations ventes sont effectuées pendant l’exposition. Au programme, également, des conférences débat. Globalement, dans l’intervention de M. Hadri, représentant du ministère de l’Habitat, on relève en substance une évolution de la législation en la matière mais, inversement, sur les 20 000 promoteurs inscrits au niveau national au registre de commerce seuls 1642, à l’heure actuelle, souscrivent au fonds de garantie.

A titre d’exemple, Béjaïa y entre timidement avec 74 projets garantis sur 3500 projets promotionnels en cours. Il s’agit donc de ratisser plus large avec une explicitation de l’évolution de la législation dans le sens des garanties que la loi assoie à la fois dans l’accompagnement des promoteurs et la défense de l’acquéreur. C’est presque le même état d’esprit qui anime les initiateurs de l’association. Celle-ci démarre pour l’instant avec 25 adhérents sur les 500 promoteurs inscrits au registre de commerce à Béjaïa. Il s’agit, selon M. Boutrid Mohand Larbi, vice-président, de se regrouper pour se constituer en «interlocuteur valable» de l’administration.

En vue, manifestement, d’obtenir des facilitations, les contraintes étant nombreuses. Il cite, en premier, l’envolée sans limites des prix du foncier en plus de la non viabilisation préalable de ce dernier. Les retards de viabilisation rallongeant les délais de livraison, «souvent imputés à tort» aux promoteurs. Suivent les entraves bureaucratiques : entre autres, longs délais d’instruction des dossiers de permis de construire et blocage des réajustements au cours de la réalisation par rapport aux plans initiaux. M. Boutrid confère évidemment un rôle moral à l’association. Il met en avant des attributs d’éthique et de déontologie : professionnalisation, comportements, respect de la règlementation, respect des clauses des contrats de vente,…

Vide juridique

Sur le plan de la qualité, l’attribut «standing» est usité sans réserve. Le vide juridique, prévalant dans le secteur et concernant une classification guidée par des critères, laisse libre champ aux constructeurs. L’essentiel, en bien des cas, est de justifier l’exorbitance des prix de cession. Or, le standing suppose un bâti et un accompagnement de qualité. Malheureusement bien souvent, les choses ne répondent pas tout à fait à une telle configuration. Les assiettes de terrain sont exploitées au maximum, seul compte le nombre de logements réalisés ; les espaces verts, les parkings, les installations pour les loisirs et les autres utilités sont effacés des projets.

La qualité n’est parfois même pas respectée sur le plan de la quiétude. On ne construit que rarement des ensembles à proprement dire résidentiels. On optimise l’opération commerciale par l’exagération du nombre de locaux commerciaux aux RDC. Favorisant ainsi des flux de véhicules et de personnes étrangères aux cités réalisées. Ce qui ne doit normalement être accepté que pour les projets implantés au niveau des artères marchandes.

La faille pour M. Louiba, président de la fédération des entrepreneurs, se situe au niveau des textes et des services de l’urbanisme. En matière de planification, la distribution des POS reste aléatoire. En Europe, l’occupation est plafonnée autour de 35 %. A titre d’exemple, fait-il remarquer, chez les voisins maghrébins, il est prévu deux espaces de stationnement par acquéreur. Concernant les prix exorbitants pratiqués à Béjaïa, M. Louiba suggère l’institution d’un conservatoire des prix qui aura à charge de mettre en place des barèmes. Un aspect pris en compte par la nouvelle législation. Il revient sur la qualité, la cohésion et l’intégration architecturale et urbanistique, notamment la préservation des cadre bâti et aspect urbain anciens, pour dire que la veille et les projections doivent relever des prérogatives des élus. D’autant plus que la nouvelle loi définit les aspects restauration, restructuration et rénovation.

En attendant des maisons vétustes sont démolies dans les anciens quartiers, pour voir érigé à la place des parallepipèdes en béton, sapant ainsi le cachet de l’ensemble.

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